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21 juin 2011

PORTRAIT: LOUIS BENECH/PAYSAGISTE PAR NATURE...

 Vidéo: Table ronde sur Roberto Burle Marx avec Louis Benech en intervenant...

LOUIS BENECH "Intuition,humilité,éthique..."

site officiel: http://www.louisbenech.com/

 

Sans diplôme dans sa spécialité, l'homme se fait parfois traiter avec mépris de... botaniste. Lui, au contraire, s'en flatte et revendique plutôt le double héritage d'un père architecte et d'une mère éprise de plantes. Un mariage qui séduit commanditaires privés et publics...

 

 

© ERIC SANDER

LE STYLE: "Les pieds sur terre..."

Le jardin du futur Hôtel Shangri-la Paris ex-Demeure du Prince Roland Bonaparte sur la colline de Chaillot, véritable havre de paix caché au cœur de Paris, a été dessiné par le paysagiste Louis Benech.

Du jardin des Tuileries à ceux du Trianon Palace, louis benech défend avec humilité un savoir-faire poétique nourri d’histoire. Cet amoureux de la nature vient d’obtenir le prix Talent d’or du luxe, obtenu lors du dernier Sommet du luxe et de la création en novembre.Un titre qui gênerait presque cet homme de terrain qui garde les pieds sur terre.

“Jardinier, c’est le plus beau métier du monde”, assure Louis Benech, sur un coin de table, entre une pile de dossiers et quelques plantes exotiques. Avant de glisser dans un sourire : “Cela peut paraître grotesque que je dise ça, tellement je jardine peu, mais être à quatre pattes et désherber me remplit de joie. C’est une situation dans laquelle je me sens incroyablement bien.”

Des études de droit – pour faire plaisir à son père architecte – le mènent, comme cela ne va pas de soi, à faire son apprentissage au sein des très réputées pépinières Hillier, dans le sud de l’Angleterre (influence avouée d’une mère qui adore les jardins). Ce premier emploi d’ouvrier horticole lui permet de laisser libre cours à sa passion des plantes, de s’initier à la botanique sous toutes ses boutures et de se familiariser avec la culture des jardins.

Les premières commandes le ramèneront sur le continent, où il se fait vite une réputation, avant de remporter avec un ami le concours pour l’aménagement du jardin des Tuileries en 1990. “Cela m’a sérieusement aidé dans l’existence”, reconnaît-il simplement aujourd’hui.

 

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Dans la foulée, Louis Benech monte sa propre agence. À son actif aujourd’hui : plus de 150 réalisations, parmi lesquelles on retiendra l’aménagement des jardins du château de Pange en Moselle, la transformation de la palmeraie de Skoura, à Ouarzazate au Maroc, ou plus récemment la création du Hermes Dosan Park à Séoul, en Corée du Sud, ainsi qu’une participation fidèle aux Journées des plantes de Courson.

Ces jours-ci, Louis Benech redessine les jardins du Trianon Palace, propriété de luxe cinq-étoiles située à Versailles, dont les travaux s’achèvent. “L’endroit, sublime, implique un minimum de devoirs”, résume le pépiniériste poète à quiconque lui accroche trop vite une image de spécialiste des jardins de château.

“Une nouvelle compréhension” des lieux

“J’adore travailler dans des sites historiques”, explique Louis Benech, parce que ce sont “des intelligences de lieux”. Mais, en homme bien dans son temps, c’est d’en trouver “une nouvelle compréhension” qui le passionne avant tout. Sans la lourde intendance de l’époque, que l’on n’est plus capable d’assumer aujourd’hui.

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Ses priorités ? Entretien et douceur : “Je ne me vis pas comme un artiste, mais comme quelqu’un qui doit gérer un certain nombre de paramètres et qui essaie de le faire avec de la douceur, en apportant des lieux de trêve dans un monde où tout s’est accéléré.”

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Et si l’on connaît ses chantiers de marque, il ne faut pas oublier qu’il intervient également “pour les HLM, les hôpitaux et des endroits où il a l’impression que cela aide à vivre.” Louis Benech refuse les effets de mode, n’a pas envie de gimmicks et revendique “une vision conventionnelle du jardin”, qu’il adapte au gré des projets. Il garde ainsi les pieds sur terre, assurent ses plus proches collaborateurs.

Travailler avec les plantes indigènes

Pas question de signature dans le monde en vert de Louis Benech : il se préfère, côté scène et côté jardin, “sur une frontière un peu ambiguë, jonglant entre la volonté de ne pas se faire remarquer et celle d’intervenir”.

 

Une vraie relation entre la demeure et le site reste essentielle à ses yeux, tout comme son souci premier de ne pas abîmer les paysages avoisinants : “Certains endroits sont faits pour les jardins et d’autres non. Il m’est arrivé de m’enfuir au triple galop car je n’avais pas envie de transformer une cour médiévale de toute beauté en espace vert. Un jardin, un parc, reste éphémère et son sens évolue avec le temps. Avoir un jardin demande du travail et un minimum de connaissances. Même un potager tout bête, c’est physique et c’est du boulot”, explique-t-il.

Louis Benech invite aussi à ne pas se priver d’un simple parfum de lilas, le Syringa microphylla superba par exemple, qui pousse tout seul à peu près partout, du nord au sud de la France, tout comme le pavot de Californie qui a fleuri son enfance. Habitué à travailler en terre méridionale, le paysagiste a appris à créer des jardins que l’on arrose peu, voire pas. Règle d’or, travailler avec les plantes indigènes est selon lui une façon pour un particulier de mettre le “bon pied à l’étrier”, d’assurer un bon résultat sans perdre trop de temps.

Louis Benech avoue encore un gros faible pour le chêne vert, persistant et majestueux, qui trouve sa place aussi bien dans une propriété XVIIIe que dans un univers contemporain. La belle silhouette de cet arbre assure la “césure” qu’il cherche sans cesse à créer pour protéger l’intimité et la réflexion.

À l’image de ce jardin de vacances qu’il réalise dans le Sud-Ouest : “On a un choix de végétaux invraisemblables, des grands arbustes ou des arbres qui n’ont pas besoin d’entretien. Il y aura peut-être un ou deux coups de sécateur à donner pour diriger une tête lorsqu’ils seront plantés, mais on s’offre le luxe de la liberté.”

Loin des contraintes encore, ce projet un peu fou du côté de Panama où Louis Benech essaie de réparer ce que l’homme a abîmé en relançant artificiellement un processus naturel à partir de la végétation qui existait sur l’île auparavant.

Son Talent d’or du luxe, obtenu lors du dernier Sommet du luxe et de la création en novembre, gênerait presque cet homme de terrain. “Je suis remercié pour ce dont je ne suis pas responsable”, assure-t-il, se retranchant derrière la générosité de la nature et la “main de Dieu”. Élégante humilité d’un homme qui savoure le plaisir sans prix des moments “égoïstes et exquis, lorsqu’on est un peu seul. Ce lien entre la vie et nous, sans mots, sans grossièretés.”

BIOGRAPHIE:"Paysagiste par nature..."

L'Esprit du jardin, de Louis Benech, dans la collection
Les Secrets des grands jardiniers, éd. du Chêne.

D'abord, il y a eu les plantes et les arbres. Par milliers, dont il a fallu s'occuper dix heures par jour du côté de Southampton, dans le sud de l'Angleterre, comme apprenti dans le mythique arboretum de sir Hillier. Les aimer, les soigner et les arracher au rythme des ventes de la pépinière. Louis Benech, 45 ans, le paysagiste du moment, ne possède pas le diplôme de sa spécialité. D'ailleurs, des confrères malintentionnés le traitent avec dédain de «botaniste». Cela le flatte, au contraire. Il aime raconter son premier emploi à 52 livres par semaine: «Je suis venu au jardin par les plantes et ce sont toujours elles qui m'intéressent. Par leur comportement, leur façon d'évoluer à travers les saisons et leur capacité à voisiner avec d'autres.»

 

Festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire

Une passion qu'une maîtrise en droit du travail, imposée par son père, n'a pas contrariée. Car, après ce «droit à l'aigreur», le voilà en pleine douceur. Et, couronnement vert, on le requiert en tant qu'expert auprès de l'Observatoire des tendances du jardin, créé par Hélène et Patrice Fustier (qui ont lancé les fameuses Journées de Courson), et de l'enseigne Jardiland. Même s'il le regrette, Louis Benech reconnaît son manque d'assiduité aux réunions, faute de temps. Car, du côté de son bureau parisien, installé en retrait du boulevard de la Villette, seul le chat Tulipe s'autorise à paresser sur la photocopieuse pendant que les projets s'accumulent. Une soixantaine de jardins en cours de conception, ou de modification, pour le compte de clients privés, mais aussi des commandes parapubliques, comme la future Maison des adolescents, voulue par Bernadette Chirac dans l'enceinte de l'hôpital Cochin, ou le parc du château de Pange, propriété du conseil général de la Moselle. Beaucoup de projets en France, mais aussi en Grèce, au Portugal et même en Israël, sur un bout de désert près de Tel-Aviv.

 

Les étangs reflètent l'eau miroir, celle dont les images captent la vie changeante du ciel. © Louis Benech

Y aurait-il une signature Benech? «J'espère que non. Mon paradis, c'est la nature plus que le jardin, mais je peux suivre un plan très organisé quand le dessin s'y prête.» Aucun concept, aucune grille préétablie ne vient donc brider son travail. En revanche, il s'impose toujours de trouver les réponses aux points qu'il juge incontournables: la fluidité des circulations, les effets de perspective, l'équilibre entre les vides et les pleins. L'ensemble arrosé d'une bonne dose de bon sens. Un peu facilement, on pourrait lire dans ce mode de fonctionnement la marque des racines familiales, un compromis entre un père architecte et une mère passionnée de plantes. Il revendique la mixité de cet héritage, tout en affirmant, dans un vieux réflexe jardinier: «Je m'intéresse avant tout à la façon dont le jardin pourra être entretenu. Quasi systématiquement, les clients me reprochent de ne pas mettre suffisamment de fleurs. J'argumente. Je reste sage.»

Ses commanditaires, Louis Benech n'a pas envie d'en dévoiler l'identité. On y repérerait surtout des habitués aux premières places du classement des grandes fortunes, dont l'un notamment est connu pour sa collection d'art contemporain. «S'offrir un beau jardin est aujourd'hui l'un des derniers signes du grand luxe, reconnaît-il. Je m'entends bien avec ces clients-là, mais cela ne m'empêche pas de travailler pour une maison de retraite ou un square parisien, ni de faire 800 kilomètres pour répondre à l'appel d'un fou de jardin sans grands moyens.» Visiblement, l'étiquette de créateur de «jardin mondain» lui déplaît. Elle ne convient pas davantage à Hélène Fustier, qui connaît Louis depuis toujours puisqu'elle a été sa baby-sitter. «Il est droit, fidèle en amitié et sait écouter. Dans la vie comme dans ses jardins, il est à l'aise avec tous les styles», assure-t-elle. Un paysagiste couteau suisse (tendance classique), en quelque sorte? Sans doute, au vu de sa carrière boule de neige, véritablement lancée en 1987 avec l'un de ses premiers plans, réalisé pour le compte d'un lord ancré en Normandie. A Paris, trois ans plus tard, Jack Lang, ministre de la Culture, décide la rénovation des Tuileries. Louis Benech s'associe pour l'occasion avec un autre paysagiste, Pascal Cribier. Contre toute attente, le duo méconnu emporte le droit de revisiter 15 hectares du plan de Le Nôtre, replante 3 000 arbres et joue sur des différences de niveau dans ce jardin en pente douce. «Ce projet n'a pas, par son ampleur, posé plus de problème qu'un autre. J'en ai surtout appris le fonctionnement de l'Etat, ses lourdeurs et ses décisions prises contre toute logique, pour des raisons qui nous dépassent.»Près de quinze ans après ses débuts, celui qui s'était d'abord rêvé ingénieur des eaux et forêts (une nullité chronique en maths s'y est opposée) a déjà réalisé plus de 150 projets de parcs et jardins. Sans jamais toucher à une souris d'ordinateur - ses quatre collaborateurs s'en chargent. Mais, dès que Louis Benech veut s'assurer de la pertinence d'une plante, il plonge dans son vieux catalogue de la maison Hillier, toujours la meilleure source à ses yeux.

 

En savoir plus

Où voir ses jardins
La roseraie du prieuré Saint-Michel, Crouttes (Orne), 02-33-39-15-15.
Potager du Bosmelet, Auffay (Seine-Maritime), 02-35-32-81-07.

Ses bonnes adresses
Les jardins de Sauveterre: une graineterie où l'on ne trouve que des plantes sauvages récoltées par son propriétaire, Jacques Girardeau. Laboutant, Moutier-Malcard (Creuse), 05-55-80-60-24.

Bulb'Argence: des bulbes sélectionnés par Lauw de Jager, d'origine néerlandaise, qui propose plus de 400 variétés venues d'Afrique du Sud (comme le chasmanthe), de Californie (le narcisse botanique ou le calochortus). Mas d'Argence, Fourques (Gard), 04-66-01-65-10.

A lire
L'Esprit du jardin, de Louis Benech, dans la collection
Les Secrets des grands jardiniers, éd. du Chêne.

CONTACT:

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Nom : AGENCE LOUIS BENECH
Adresse : 4 cité Saint Chaumont
Code postal : 75019  Ville : PARIS
 
Contact de la société
Civilité :   Nom : DE FRANQUEVILLE  Prénom : Chantal.
Fonction : 
E-mail : agence@louisbenech.com
Téléphone : 01 42 01 04 00
Fax : 01 42 01 04 05

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