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22 février 2014

NANTERRE/FRANCE: ARENA 92/ROCK AND RUGBY ATTITUDE...

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“Par son architecture intérieure en forme d’amphithéâtre, l’Arena 92 à Nanterre – La Défense est un lieu unique.On pourra y écouter avec le même confort un opéra classique, un groupe de rock et y jouer au rugby. Cette salle de spectacles hors-norme, dans un lieu magique, au cœur du Manhattan français,n’a pas d’équivalent en Europe.” Jacky Lorenzetti Président de Racing Arena

Portzamparc lauréat du concours Arena92

C’est le projet de l'architecte Christian de Portzamparc, associé au groupe Vinci, qui a été  choisi pour la réalisation de la future Arena92, sur le terrain des Bouvets, à Nanterre, dans l'axe de La Défense. Les deux autres projets finalistes étaient présentés par les cabinets Wilmotte et Buffi. La décision avait été prise le vendredi 11 février 2011 par le Racing-Métro 92 en concertation avec la ville de Nanterre, l’EPADESA et le conseil général des Hauts-de-Seine.

La pose symbolique de la première pierre de cette Arena 92, plus grande salle multimodale d'Europe, a été effectuée ce lundi 10 Février 2014, à Nanterre, soit 3 ans après d'interminables procédures. 

Christian de Portzamparc fut le premier architecte français à recevoir le prix Pritzker, l’équivalent du prix Nobel pour les architectes. C’était en 1994. Les Nanterriens le connaissent bien puisqu’il a signé l’architecture de l’école de Danse de l’Opéra située dans le quartier Parc Nord.
Parmi ses réalisations, on trouve des tours (New-York, Beyrouth), le musée Hergé à Louvain la Neuve en Belgique, le siège du journal Le Monde (Paris, 13è) mais aussi l’Hôtel de Région de Lyon et l’hôpital de la Croix-Rousse. 
Surtout, Christian de Portzamparc s’est fait connaître par ses grands bâtiments autour de la musique : le Cidade de Musica à Barra de Tijuca (Brésil), la Philarmonie au Luxembourg et la Cité de la Musique à Paris. Sa conviction : « Il est important de construire pas à pas. De créer autant que de transformer ».

 

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Le projet

Quatre mois après l'inauguration du nouveau Jean-Bouin, antre du grand rival le Stade Français, et alors que le Grand Stade de la Fédération française est lui aussi en discussions, voici le Racing-Métro prêt à se doter d'un stade à la mesure des ambitions de son président-bâtisseur, l'ancien propriétaire du réseau immobilier Foncia. L'Arena 92, située derrière la Grande Arche de la Défense, sera doté d'un toit rétractable et affichera une capacité de 32 000 places en mode stade et 40 000 en mode "indoor" pour accueillir concerts, spectacles, congrès. Il comprendra également 33 000 m2 de bureaux, 300 chambres étudiantes, des commerces, dont une boutique du club, une brasserie et un restaurant gastronomique.

 

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Située sur la commune de Nanterre, aux pieds de la Grande Arche de La Défense,  Arena 92 sera la plus grande salle de spectacles indoor à jauge variable d'Europe. Le maître d'ouvrage est Racing Arena, filiale de la holding Ovalto Investissement créée par Jacky LorenzettiEPASA et la ville de Nanterre. Il sera implanté sur les terrains de sports des Bouvets, au pied de l'Arche de la Défense. Bien qu'il soit attendu que 90 % des visiteurs rejoignent le site en transports en commun, le projet comprend un parking de 500 places

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En configuration spectacle, l'Arena 92 sera la plus grande salle de spectacle de France, très loin devant le Palais omnisports de Paris-Bercy qui contient 17 000 places et l'Arena du Stade Pierre-Mauroy à Lille qui peut accueillir 25 000 personnes en configuration concert. Le stade sera équipe d'un des écran les plus grand du monde de 2 000 m2.

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L'affluence en semaine à La Défense est presque calée sur les horaires des travailleurs du quartier. Le quartier étant classé en zone touristique (depuis 2010), les visiteurs sont aussi nombreux le week-end à profiter des vues du quartier et des boutiques majoritairement ouvertes dans le CNIT ou le centre commercial des Quatre Temps, sans oublier le musée de La Défense, le musée de l'Informatique, le musée du jeu vidéo ainsi que la visite de la Grande Arche. En soirée, l'affluence est réduite, seuls le cinéma UGC Ciné Cité La Défense et les restaurants qui l'entourent étant ouverts. L'Arena 92 va modifier la grille horaire de l'affluence de visiteurs dans le quartier, tout en augmentant le nombre d'emplois, avec les boutiques qu'il contient et la tour de bureaux qui l'accompagne. Avec des prévisions notamment de vingt matchs de rugby à XV par an, trente concerts et des animations de type plage/neige, ce sont au total 1 550 000 visiteurs qui sont attendus chaque année.

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Une enveloppe de 350 millions d'euros

L'enceinte devrait ainsi modifier profondément l'économie du club francilien qui s'appuie aujourd'hui sur les ressources de M. Lorenzetti, qui a plusieurs fois mis la main à la poche. D'abord sur le chemin de la remontée du club dans l'élite en 2009, puis dans la construction du centre d'entraînement du Plessis-Robinson. "Cela va nous faire passer dans un autre monde", a estimé l'homme d'affaires. "Ce sera moins douloureux pour moi car je n'aurai plus besoin de mettre des sous et ça me permettra même de gagner un peu d'argent et d'envisager d'autres investissements".

Le Racing-Métro évolue pour l'instant au stade Yves-du-Manoir de Colombes, bâti dans les années 1920 et dont la capacité avoisine les 14.000 places. Même réhabilité, son charme désuet et historique cache mal sa vétusté et ses difficultés d'accessibilité, même si l'équipe devra s'en accommoder encore quelques années. Au rayon des coûts, l'enveloppe globale de la construction est estimée à 350 millions d'euros, uniquement financée sur "fonds privés", a indiqué M. Lorenzetti.

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21 recours repoussés

Le Conseil général des Hauts-de-Seine s'est porté acquéreur d'un immeuble du bureaux attenant à l'Arena 92 et faisant partie du projet, pour "167 millions d'euros", selon son président Patrick Devedjian, évoquant "23 millions d'euros de retombées économiques" sur le tourisme grâce à l'enceinte. L'annonce est d'autant plus réjouissante pour M. Lorenzetti qu'il s'est longtemps heurté à la réticence des associations de riverains depuis le lancement du projet en 2008. "Nous avons repoussé pas moins de 21 recours, par la concertation", s'est ainsi félicité M. Lorenzetti, estimant que l'Arena 92, "plus grande salle multimodale d'Europe", allait à l'encontre du "marasme, de la sinistrose, du défaitisme ambiant". "Nous avons voulu créer 2000 emplois pendant la phase des travaux puis 500 emplois permanents après livraison", a-t-il ajouté.

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Outre des concerts, l'enceinte pourrait accueillir d'autres événements sportifs comme du handball, avec une vue sur le Mondial 2017 en France, ou encore de l'équitation. "Mais en termes de sport, l'essentiel sera du rugby", a ajouté M. Lorenzetti, précisant que l'Arena 92 serait dotée d'une pelouse synthétique. Une première pour un club professionnel français qui se plaît, avec des fortunes diverses, à faire bouger les lignes.

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« Une grande présence douce et horizontale au milieu d’un quartier vertical »

Interview de Christian de Portzamparc, architecte lauréat du concours lancé par le Racing Métro 92 pour la réalisation de la future Arena92.

Question : Quelles ont été vos idées directrices du point de vue de la fonctionnalité du lieu et de son intégration dans le paysage urbain ?

Christian de Portzamparc :


« Le futur site de l’Arena est situé en plein cœur de ville, une ville dense même si le cimetière, zone calme, n’est pas loin, avec le métro en dessous, le train et les autoroutes tout près, les tours, les immeubles d’habitations… L’idée qu’un stade,  grand symbole public, s’installe ici, c’est rare et magnifique ! On est aussi entre quatre rues, avec une géométrie contrainte, rectangulaire.
J’ai voulu garder l’image du stade qui est quelque chose qui rassemble, en dessinant un bâtiment plutôt ovoïde que rectangulaire.

Ce que j’ai cherché aussi dans la présence urbaine, c’est qu’on sente l’ « idée stade » en donnant à voir les tribunes. J’ai voulu qu’on les détache dans le ciel ! C’est le rôle de la corolle, le mouvement du toit qui recouvre les tribunes dans un béton clair et s’enroule autour de l’Arena. En-dessous, j’ai voulu une couronne d’écailles de verre et de métal, dotées d’une  blancheur et d’une brillance qui joue avec le béton du toit, mat et beige. Ces écailles sont des coques verticales légèrement incurvées qui jouent avec la lumière jour et nuit, et qui ont également des caractéristiques thermiques intéressantes : elles protègent bien l’intérieur du bâtiment du rayonnement solaire. Cette couronne reçoit la circulation des tribunes, les loges, les vestiaires, toutes ces fonctions qui prennent beaucoup de place, qui sont indispensables et qui devaient elles aussi avoir une vraie façade !

Un autre aspect important pour l’intégration urbaine était de réussir à ce que la rue Aimé Césaire  vive en dehors du stade et des événements. Pour cela, on y a prévu du commerce, une librairie et une brasserie ouvertes en semaine et le week-end, plus la boutique du club. 
C’était une gageure de réunir toutes ces fonctionnalités en un seul lieu, ces trois dimensions l’une sur l’autre : que le rez-de-chaussée fasse partie de la vie urbaine ; que le deuxième niveau ne soit pas une muraille aveugle et rigide, et que encore au-dessus, dans le ciel, on ait cette impression de stade grâce à un grand anneau unifié. »

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Question : Les Arenas se développent un peu partout dans le monde. Comment caractérisez-vous l’originalité de celle-ci ?


 « Avec ses écailles,  ce stade a quelque chose de raffiné… Il y a une certaine douceur aussi, grâce au rectangle arrondi. Le stade prend sa forme en s’installant vraiment dans le gabarit urbain. L’arrondi et les trois  niveaux lui permettent de ne pas être écrasant, de dialoguer avec l’environnement. Il s’intègre tout en gardant une vraie présence. Je suis très attaché à cet « effet présence », il faut qu’on lise bien ce symbole unitaire . 
Je crois que cette coque en haut va se voir de loin et que ce sera un repère ; pour une fois dans ce quartier habité par des présences très verticales on aura une grande présence douce, horizontale, c’est aussi ce qui fait la particularité du projet. »

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Posté par FRANCESURFACE à 20:58 - FRANCE - Commentaires [0] - Permalien [#]
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